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Atlas Social de Caen

De l'agglomération à la métropole ?

Les grandes surfaces commerciales, un modèle d’aménagement à réinterroger ?

par Tristan Capron

planche publiée le 17 mai 2021

Depuis les années 1960, le développement des centres commerciaux en périphérie des pôles urbains a induit de profondes mutations des modes de vies, des mobilités, etc. Ce modèle, très présent dans l’agglomération caennaise, s’est révélé fortement consommateur de foncier et générateur d'un trafic automobile intense.

1En 2016, quatorze polarités commerciales regroupant dix-huit centres commerciaux sont recensées dans la communauté urbaine de Caen la Mer. On compte tout d’abord un site de rayonnement majeur (Mondevillage, Mondeville 2, Leroy Merlin et Oxylane). Puis on repère cinq sites présentant une vocation métropolitaine : quatre localisés le long du périphérique au Nord (Saint Clair et Val Saint-Clair, Côte de Nacre) et au Sud (Ifs/Porte d’Espagne et Ikea/Fleury sur Orne) et un cinquième situé à Rots/La Croix Vautier. Enfin, il existe huit pôles périphériques, hors secteur urbain, dans les principales communes de l’aire urbaine de Caen.

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Graphique : AUCAME, 2016

Les surfaces commerciales

Les emprises des centres commerciaux périphériques

2L’armature commerciale apparaît très fortement polarisée sur Caen, le long du périphérique, plus particulièrement dans sa partie sud-est. Ainsi 89 % de la surface commerciale (hors commerce de détail) est concentrée dans le cœur de la communauté urbaine. Dans le détail, le pôle de rayonnement majeur représente 45 % de la surface totale, réparti sur quatre localisations proches les unes des autres. Les cinq pôles commerciaux à vocation métropolitaine couvrent une surface équivalente (44 %), et sont répartis sur sept sites. Enfin, les huit polarités périphériques, plus orientées vers les besoins quotidiens, sont disséminées sur huit sites pour 11 % de la surface commerciale totale.

3Pour l’ensemble des polarités commerciales, on note une surface bâtie inférieure à 30 % de la superficie totale, ce qui souligne la faible densité des constructions. De plus, l’emprise dédiée au stationnement est presque équivalente à celle de la surface bâtie : plus du quart de l’emprise totale des centres commerciaux caennais, soit 55 hectares. Au total, 73 % de l’emprise n’est pas affectée au bâti.

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Graphique : AUCAME

L'occupation du sol dans les centres commerciaux

4Dans un contexte de limitation de la consommation d’espace et d’optimisation du foncier urbain, les faibles densités bâties des centres commerciaux ont conduit le législateur à s'emparer de cette question. La loi ALUR définit ainsi la surface de stationnement maximale autorisée pour les projets d’implantation commerciale de plus de 1 000 m2 de surface de plancher, avec un plafond de 0,75 place de stationnement par tranche de 100 m2 de surface de vente. À Caen, le stationnement dans les centres commerciaux périphériques représente 55 hectares (un quart de l’emprise totale), soit 8,2 places pour 100 m2 de surface commerciale. Seuls cinq centres commerciaux, sur les dix-huit étudiés, sont en conformité avec la loi ALUR. Si les treize autres ramenaient ce ratio à 0,75, cela représenterait une « économie » de 200 000 mètres carrés. L'emprise foncière des parkings verrait ainsi son enveloppe réduite de 60 %.

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Graphique : AUCAME

Rapport entre surface de parking et surface bâtie

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Graphique : AUCAME

Part des déplacements en véhicule individuel pour acte d’achat en grande surface

Un modèle construit autour de l’automobile

5Le déploiement des grandes surfaces de périphérie est basé sur une accessibilité presque exclusivement automobile. La voiture individuelle y représente 88 % des déplacements dans l’optique d’un acte d’achat. Dans le centre urbain métropolitain et dans les pôles périurbains, lorsque les centres commerciaux sont accessibles par les transports en commun, la part de la voiture y est cependant moindre que dans la couronne urbaine et les communes rurales, où elle est toujours supérieure à 90 %.

Pour citer ce document

Tristan Capron, 2021 : « Les grandes surfaces commerciales, un modèle d’aménagement à réinterroger ?  », in Atlas Social de Caen [En ligne], ISSN : 2779-654X, mis à jour le : 17/05/2021, URL : https://atlas-social-de-caen.fr/index.php?id=736, DOI: en attente.

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Bibliographie

AUCAME, Juin 2016, L’occupation du sol dans les centres commerciaux périphériques caennais, premiers éléments de connaissance, https://www.aucame.fr/web/publications/OpenData/fichiers/ObsFoncier01_Commerce.pdf

Index géographique

  • Mondevillage (zone commerciale)
  • Saint Clair (zone commerciale)
  • Val Saint-Clair (zone commerciale)
  • Côte de Nacre (zone commerciale)
  • Ifs/Porte d’Espagne (zone commerciale)
  • Fleury-sur-Orne/Ikea (zone commerciale)
  • Rots/La Croix Vautier (zone commerciale)

Tristan Capron

Chargé d’études à l’Agence d’Urbanisme de Caen Normandie Métropole - AUCAME

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Pierrick Belhache

Assistant d’études Système d’Information Géographique -SIG- depuis 2015 à l’Agence d’Urbanisme de Caen Normandie Métropole - AUCAME

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Pierrick Belhache

Résumé

Depuis les années 1960, le développement des centres commerciaux en périphérie des pôles urbains a induit de profondes mutations des modes de vies, des mobilités, etc. Ce modèle, très présent dans l’agglomération caennaise, s’est révélé fortement consommateur de foncier et générateur d'un trafic automobile intense.