Atlas Social de Caen

De l'agglomération à la métropole ?

Se déplacer pour travailler dans l’aire urbaine : des flux multiples

par Étienne Walker

planche publiée le 25 mars 2022

Travaille-t-on dans sa commune de résidence, dans une commune voisine ou plutôt très loin de son domicile ? Utilise-t-on la marche à pied, les transports en commun, les deux roues ou l’automobile ? L’étude des flux de déplacement pour l’activité professionnelle met à jour une typologie des communes avec des contrastes importants, une hiérarchie de lieux polarisants mais aussi des flux croisés.

1Les 201 communes composant la couronne périurbaine de Caen, au sens de l’Insee, ceinturent le pôle urbain et ses 21 communes. Dans ces 201 communes, au moins 40 % des résidents actifs se déplacent quotidiennement vers le pôle pour aller travailler. Il faut préciser que ce seuil moyen masque des valeurs différentes selon les communes, mais aussi, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’aire urbaine, des polarisations secondaires attirant une moindre part d’actifs.

Travailler dans sa commune de résidence est encore possible pour certains ruraux et habitants de pôles secondaires

2Trente-cinq communes rurales périphériques de l’aire urbaine caennaise, généralement peu peuplées et dont les infrastructures de transport sont secondaires, voient en moyenne un peu plus d’un quart de leurs actifs travailler au sein du territoire communal, ce qui explique la légère surreprésentation de résidents allant travailler à pied, ou ne se déplaçant pas, comme certains agriculteurs ou commerçants (typologie : A3 vert foncé).

3Suivant la même logique, treize communes urbaines situées au nord et à l’est de l’aire urbaine, et avoisinant parfois les 10 000 habitants (Ouistreham, Mézidon Vallée d’Auge), emploient aussi un quart de leurs résidents actifs sur place. C’est la raison pour laquelle la marche à pied (qui concerne 5 % des actifs résidents) ou les deux roues (3 %) y sont un peu plus fréquemment utilisés pour aller travailler qu’ailleurs (typologie : B2 violet foncé).

Aller travailler en voiture : un impératif pour une grande majorité

4La vingtaine de communes également urbaines, quoique moins peuplées, qui ceinturent directement le grand pôle urbain, apparaissent bien davantage polarisées par ce pôle. En moyenne, seul un habitant sur sept y travaille au sein de sa commune de résidence (typologie : B1 parme).

5Constituant leur pendant rural, 53 communes de la couronne caennaise accueillent l’emploi d’un de leurs résidents actifs sur six (typologie : A2 vert clair), et 79 autres communes, seulement celui d’un sur dix (typologie : A1 orange clair). Ces espaces ruraux ont en effet peu d’habitants et une relative rareté de l’emploi. Les transports en commun étant absents, ou avec un niveau de service limité, l’automobile est ainsi le moyen privilégié pour se rendre au travail. Près de neuf actifs sur dix y recourent (typologie : A2 vert clair, B1 parme et A1 orange clair).

6Contrepartie d’un foncier sensiblement plus abordable que dans l’agglomération (nord-ouest caennais excepté), le coût de ces mobilités peut constituer un motif de mobilisation, à l’image du mouvement des Gilets jaunes en novembre 2018.

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Carte : Walker É, Mellet C.

Les mobilités domicile-travail dans l’aire urbaine de Caen en 2015

7Par ailleurs, si les banlieues (au sens Insee) de Caen polarisent de très nombreux actifs résidant dans la couronne caennaise, elles sont aussi liées au grand pôle urbain caennais. De fait, près de quatre résidents actifs sur cinq travaillent dans ce dernier et un peu moins de la moitié à Caen. Les habitants de ces espaces se rendent au travail en automobile (84 %), avec les transports en commun (7 %), et le deux-roues (3,4 %), (typologie : C2 orange foncé).

8Il faut préciser qu’un peu moins de deux résidents caennais actifs sur trois travaillent à Caen, ce qui explique la forte surreprésentation chez eux de la marche à pied (12 %). Mais 62 % d’entre eux privilégient toutefois l’automobile pour aller travailler (typologie : C1 rouge foncé).

Des flux sortants

9Enfin, il convient de prendre en compte les flux d’actifs depuis le pôle urbain caennais vers l’extérieur. Près d’un actif caennais sur cinq travaille en banlieue (au sens Insee) de Caen, éclairant le fait que près de 17 % des Caennais occupés utilisent les transports en commun pour aller travailler. De plus, près d’un résident actif du pôle caennais sur cinq se déplace pour aller travailler ailleurs. Si une majorité de ce flux est tournée vers la couronne périurbaine, environ un résident actif du pôle caennais sur quinze travaille vers d’autres pôles, notamment du Calvados, de l’ancienne région bas-normande, mais aussi de la région parisienne.

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Graphique : Walker É, Mellet C.

Destination des principaux flux d’actifs occupés de 15 ans ou plus dans le pôle urbain caennais

Pour citer ce document

Étienne Walker, 2022 : « Se déplacer pour travailler dans l’aire urbaine : des flux multiples », in Atlas Social de Caen [En ligne], ISSN : 2779-654X, mis à jour le : 25/03/2022, URL : https://atlas-social-de-caen.fr:443/index.php?id=1062, DOI : https://doi.org/10.48649/asdc.1062.

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Clément Mellet

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Résumé

Travaille-t-on dans sa commune de résidence, dans une commune voisine ou plutôt très loin de son domicile ? Utilise-t-on la marche à pied, les transports en commun, les deux roues ou l’automobile ? L’étude des flux de déplacement pour l’activité professionnelle met à jour une typologie des communes avec des contrastes importants, une hiérarchie de lieux polarisants mais aussi des flux croisés.

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Graphique : Walker É, Mellet C.

Destination des principaux flux sortants d’actifs occupés de 15 ans ou plus résidant à Caen

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Graphique : Walker É, Mellet C.

Destination des principaux flux sortants d’actifs occupés de 15 ans ou plus résidant dans la banlieue de Caen (hors pôle urbain)

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